Le Kendo, la voie du sabre
Le Kendo (剣道) est un art martial japonais moderne (gendai budô), issu des techniques de combat au sabre des samouraïs. Littéralement « la voie du sabre », il se pratique avec un shinai (sabre en bambou) et une armure protectrice (bôgu).
Plus qu'un sport, le Kendo est une discipline qui vise le développement du caractère, le respect et la maîtrise de soi. Chaque séance suit un rituel précis que l'on vous explique ici.
2h
par séance
2x
par semaine
0€
1er cours d'essai
10+
ans d'âge mini
L'arrivée au dojo
道場 — Dôjô : lieu de pratique de la voie
Arrivez 15 à 20 minutes avant le début du cours. Le dojo (dôjô) est l'espace de pratique. On s'y comporte avec respect : on retire ses chaussures avant d'entrer, on salue en franchissant le seuil.
Tenue
Pour débuter, un jogging ou vêtement de sport souple suffit. Pas de short. Le club prête les shinais.
Hydratation
Apportez une gourde d'eau. Le Kendo est physique, on transpire beaucoup.
Si vous avez déjà un shinai (竹刀, sabre en bambou), prenez-le. Sinon, on vous en prête un. Les pratiquants plus avancés revêtent leur keikogi (veste) et leur hakama (pantalon large).
Premier cours : vous ne portez pas d'armure (bôgu). L'armure s'enfile après plusieurs semaines/mois de pratique des bases sans contact.
Le salut : Seiretsu
整列 — Seiretsu : « alignez-vous »
Au début de chaque séance, le sensei (ou un pratiquant désigné) annonce « Seiretsu ! » (整列). Tout le monde se met en ligne, face au kamiza (le côté d'honneur du dojo), shinai tenu à gauche. On se positionne de façon alignée et équilibrée.
Seiza 正座 — Position à genoux
On s'agenouille, assis sur les talons, dos droit, mains sur les cuisses. C'est la position de méditation et de salut traditionnelle.
Mokuso 黙想 — Méditation
Quelques secondes de méditation les yeux fermés. On fait le vide, on se concentre sur la séance à venir. On pose le shinai devant soi.
Rei 礼 — Salut
On salue le kamiza, puis le sensei, puis les partenaires. Le salut se fait mains jointes ou mains au sol, buste incliné. On dit « Onegaishimasu » (お願いします, « s'il vous plaît, je m'en remets à vous »).
Onegaishimasu se prononce « oh-né-ga-i-shi-mass ». C'est LA phrase que vous direz le plus au Kendo. Elle exprime le respect et la confiance envers le professeur et les partenaires.
L'échauffement et le renforcement
準備運動 — Junbi undô
Le cours commence par un échauffement complet. Le Kendo sollicite tout le corps : jambes, dos, épaules, poignets. On commence en général par une petite course, puis des étirements, puis du renforcement musculaire (gainage, pompes, abdos).
Cardio
Élévation du rythme cardiaque, mise en route progressive
Articulations
Chevilles, genoux, hanches, épaules, poignets
Renforcement
Gainage, jambes, dos : la base pour tenir la garde
Vient ensuite le suburi (素振り) : des frappes dans le vide avec le shinai, en répétition. C'est l'équivalent des gammes en musique. On apprend à lever le shinai correctement, à frapper net, à synchroniser le mouvement avec un déplacement et un cri (kiai).
Le Keiko : la pratique
稽古 — Keiko : exercice, leçon, entraînement
C'est le cœur de la séance. Le keiko (稽古) est le temps d'apprentissage et de pratique. Il prend plusieurs formes selon le niveau :
Shinai
竹刀 — sabre en bambou
Fait de 4 lames de bambou maintenues ensemble. Il est souple et sécurisé, conçu pour frapper avec contact sur l'armure. On l'utilise pour les exercices de frappe, les assauts et le combat.
Bokken / Bokutô
木剣 — sabre en bois
Sabre de bois plein, rigide. On ne frappe jamais avec sur une personne. Il sert pour les katas (formes codifiées), l'apprentissage des angles et la précision des gestes.
Les différents exercices
Kihon 基本 — Les fondamentaux
On répète les frappes de base (men, kote, dô, tsuki) avec un partenaire qui reçoit en armure. C'est la base de tout.
Uchi-komi geiko 打ち込み稽古 — Frappes intenses
Un partenaire reçoit, l'autre enchaîne les frappes avec engagement et énergie. On travaille la motivation, la frappe franche.
Kakari-geiko 掛り稽古 — Entraînement intense
Court (1 à 2 minutes) mais très intense. Le pratiquant attaque sans relâche, avec un kiai fort. On apprend à aller au-delà de ses limites.
Ji-geiko 地稽古 — Assaut libre
C'est l'équivalent du combat. Deux pratiquants s'affrontent librement, chacun essaie de porter des frappes valables (ippon).
En tant que débutant, vous ne faites pas de ji-geiko tout de suite. On commence par les fondamentaux sans armure, puis on met le bôgu après quelques semaines quand les bases sont acquises.
Les déplacements : Ashi-sabaki
足捌き — Ashi sabaki : travail des pieds
Au Kendo, on ne marche pas comme d'habitude. Les déplacements sont glissés, le centre de gravité reste bas et stable. C'est probablement ce qui vous semblera le plus étrange au début, mais c'est fondamental : un bon déplacement précède toute frappe valable.
Ayumi-ashi 歩み足
Déplacement naturel, comme la marche. Le pied droit avance, puis le gauche rattrape. Pieds à plat, on ne croise pas.
Okuri-ashi 送り足
Le déplacement essentiel du Kendo. On avance d'abord le pied le plus proche de la direction voulue, puis le second pied ramène sans temps d'arrêt. Le pied avant reste toujours devant.
Tsugi-ashi 継ぎ足
Pour couvrir une grande distance. Le pied arrière vient d'abord rejoindre le pied avant, puis le pied avant part vers l'avant.
Le Kendo se pratique pieds nus sur un parquet. On ne soulève pas les pieds du sol : on glisse. C'est normal si ça vous fait bizarre au début !
Les Katas
形 — Kata : formes codifiées
Les kata (形) sont des séquences de combat codifiées, pratiquées à deux avec des bokken (sabres en bois). Il existe 10 katas officiels (Nihon Kendô Kata) qui regroupent l'essence des techniques du sabre.
Dans un kata, il y a deux rôles :
Uchi-dachi 打ち太刀
Le partenaire qui attaque. Il prend l'initiative et lance les frappes. Rôle du « professeur ».
Shi-dachi 仕太刀
Le partenaire qui riposte et gagne. Il démontre la technique correcte de réponse.
Les katas se travaillent en silence (pas de kiai), avec précision et concentration. Ils enseignent la distance (ma-ai), le timing, la posture et l'esprit combatif sans le stress du contact.
Les katas sont obligatoires pour les passages de grade. Même les débutants apprennent les premiers dès la première année.
La fin de séance
終礼 — Shûrei : salut de fin
Le keiko se termine. On retire son bôgu si on en portait un, on range son shinai. Puis tout le monde se remet en ligne pour le seiretsu final, qui suit le même rituel que le début :
Seiza — on s'agenouille
Mokuso — méditation, on fait le vide après l'effort
Rei — salut au kamiza, au sensei, aux partenaires
Au lieu de « Onegaishimasu », on dit maintenant « Arigatô gozaimashita » (ありがとうございました, « merci beaucoup »). On remercie le sensei et tous les partenaires avec qui on s'est exercé.
ありがとうございました
Arigatô gozaimashita — la phrase qui clôt chaque séance, dans le respect et la gratitude.
Prêt à commencer ?
Le premier cours est gratuit. Pas besoin d'équipement, juste d'un vêtement de sport. Venez essayer !